08 août 2008

Quand discussion rime avec émotion

Edit du 08/08/2008

Petite discussion hier matin avec ma maman...

Sur les conseils de ma thérapeute, j'ai profité du fait que nous soyons seules chez moi pour entamer une discussion sur le passé, ce qui me fait mal, les souvenirs qui me hantent...Je l'ai trouvé forte pour une fois. Je pensais qu'entamer le sujet du passé serait difficile pour elle. Ma foi, cela avait l'air d'aller.

Vous savez que je suis suivie par deux thérapeutes pour me permettre de remonter la pente. L'un d'entre eux a soulevé un point qui me fait mal : Pourquoi suis-je là ? Je me demande sans cesse pourquoi mes parents ont pris la décision d'avoir un autre enfant alors qu'ils étaient dans la misère jusqu'au cou.  Ils avaient chacun 5 et 6 enfants d'un premier veuvage, la vie financièrement parlant était difficile pour tous, pourquoi en faire un autre ? Je sais maintenant que mes parents en plus de tout ça,  ne s'aimaient pas (et je l'ai en partie accepté). Mais c'est difficile de se dire qu'on est le fruit d'un manque d'amour. Ma thérapeute m'a demandé : Pour vous, il ne peut y avoir de désir sans amour ? si mais pour moi, on ne peut pas, on ne doit pas décider de faire un enfant si l'amour est absent. Et en plus si votre conjoint est violent, c'est incompréhensible ! Et cela m'aurai épargné tant de de larmes et de chagrins. Non pas que j'ai été malheureuse comme la pierre. Après la mort de mon père, mes souvenirs sont moins douloureux. J'ai des moments de joie, c'est certain. Mais mon chagrin a pris le dessus sur ces moments-là.

Ma mère a remis quelques pendules à l'heure. Selon elle,

  1. Faux, je ne suis pas le fruit d'un manque d'amour puisque mes parents m'ont aimé très fort et c'est ça le plus important.

  2. Mon père a changé bien après ma naissance. La maladie, l'alcoolisme et l'embrigadement politique ont contribué à le changer définitivement.

  3. Quand ils se sont mariés, ils ont chacun cherché une épaule sur laquelle s'appuyer après le décès de leur conjoint. c'était commun à leur époque. Je ne dois pas juger.

  4. Mon père n'aimait pas ma mère (cela ne doit pas être mon problème !) mais moi, il m'aimait. Il ne m'a rien fait non plus. Je ne dois pas faire d'hypothèse sur ce qui aurait pu se passer s'il était encore en vie

  5. Les souvenirs de violence envers ma mère correspondent à une seule tentative de mon père. Ma mère refuse d'être considérée comme une victime. Mais cela n'a pas empêché mon père de s'entraîner sur mes frères et soeurs et ça j'en suis sure !

  6. Il faut que je pardonne à mon frère pour sa violence envers moi. Mais aussi à moi-même. Je ne suis pas mon père. Je n'ai pas rendu mon frère violent. C'est un ensemble de faits qui lui ont fait péter les plombs. Je dois me pardonner de n'avoir rien fait pour ma belle-soeur puisqu'elle-même refusait qu'on l'aide. En plus, aujourd'hui tout est rentré dans l'ordre.

  7. Mes frères et soeurs ont souhaité ma venue autant que mes parents. Mes frères et soeurs regrettent leur jalousie envers moi après la mort de mon père et cherchent à se rapprocher. Ma mère aussi a souhaité ma venue. Très idéaliste, elle pensait que ma venue ferait le lien entre les 2 familles et souderait le clan. Malheureusement, non. Elle avait d'autres raisons mais je ne souhaite pas en parler même si je les ai acceptées.

  8. Il faut oublier le passé, le laisser derrière moi

Ce que je n'avais pas compris, c'est que j'avais assimilé le manque d'amour entre mes 2 parents et les souvenirs de violence d'enfance à ma propre personne. En gros, mon père n'aimait pas ma mère donc il ne m'aimait pas, ne voulait pas de moi. Et même si je ressens encore de la colère envers ce père qui a fait tant de mal autour de lui, il était dur de penser que j'étais un boulet pour lui. Pourquoi m'aimer si mes propres parents ne m'avaient pas désirée ? Encore ce lien étroit entre amour et désir. Et par ricochet, comment les autres peuvent m'aimer puisque je suis une personne détestable (sous entendu, comme mon père).

Cette conversation m'a fait du bien. De par la diversité des sujets évoqués. Des souvenirs difficiles sur lesquels j'ai eu des éclaircissements. Par exemple, la mort de mon père. On ne m'a jamais dit de quoi mon père était mort. Franchement, c'était dur ! Poser des questions sur lui était tellement tabou autour de moi ! J'avais des souvenirs d'enfance mas je ne savais pas si cela correspondait au jour de sa mort ou s'il y avait eu des crises antérieures. J'ai vu mon père inanimé par terre dans sa chambre. J'ai vu mon frère ainé lui faire le bouche à bouche. Ensuite, ma mère est arrivée et on m'a envoyé dans ma chambre. Ensuite, le trou noir. Cette image de mon père par terre m'a hanté ! Et j'avais donc décidé qu'il était mort de crise cardiaque. En plus, je me souvenais qu'il fumait beaucoup. Et ceci expliquait cela. Par chance (pardon pour l'expression) effectivement, il avait bien eu un arrêt cardiaque. Et je n'ai pas raconté du baratin pendant toutes ces années. Et bien j'avais bien d'autres souvenirs encore ! Ca va mieux aujourd'hui d'en avoir parlé. Il me reste à régler mon problème de culpabilité à cause de l'AUTRE. Ce n'est pas pour aujourd'hui.

Finissons sur une note positive. Aujourd'hui, je vais MIEUX.

Posté par clili à 16:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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